‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 311 sur 426 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MADAME DE MIRGOUR.

Hier, monsieur, vous étiez aimable. Tâchez donc de Tôtre aujourd'hui.

SAINYILLE.

Ma foi, madame, je désespère de tous paraître tel, tant que vous conserverez cette humeur.

MADAME DE MIRGOUR.

Fort bien; vous vous piçiuez, vous vous fâchez. Oh I que voilà bien votre vivacité, votre pétulance.

SAIN VILLE

Voilà bien le caprice le mieux conditionné...

MADAME DE MIHCOUR.

Le caprice!... On aie malheur de sentir vivement, et Ton a des caprices. Ainsi vous seriez malheureux avec moi ; n'est-ce pas là ce que vous voulez me faire entendre?

SAINVILLB.

Allons, je ne peux pas dire un mot que vous ne l'interprétiez de la manière la plus odieuse. Adieu, madame.

MADAME DE MIRCOim.

Adieu, monsieur.

SAINVILLE,. revenant.

Ainsi, c'est la perte de M. Azor qui nous brouillerait?

MADAME DE MIRGOUR.

Ce que vous dites là est affreux. Vous savez bien oue je ne serais pas assez injuste... Non, c'est le manque d'égards, de procédés, d'indulgence.

SAINVILLE

Et c'est donc là le prix de l'amour le plus tendre, le plus sincère?...

MADAME DE MmCOUR.

Vous allez vous i^aindre à présent. Je n'aime pas les doléances. Vous vouliez sortir ; restez, monsieur. C'est moi qui vous cède la place. Oui, je vais m'enfermer pour pleurer toute seule.

SAINVILLE

Si vous sortez, comptez que vous m'aurez vu pour la dernière fois.

MADAME DE MIRGOUR.

Eh bien! monsieur, tâchez de ne pas oublier cette promesse. (Elle sort.)

392 LBS RIOOGHBTS.

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