DORSAY, LAFLEUR
lAFLEUR.
Monsieur, la petite veuve vous attend ce soir à souper, elle a été enchantée des vers et du bouquet.
DORSAY
Va te promener avec ta veuve et ton bouquet. Comptez donc sur les amis! Mais ne suis-je pas bien dupe, avec ma fortune, quand je peux mener une vie libre, indépendante?...
LA?LEUR, tirant un papier de sa poche.
Si monsieur daignait jeter les yeux sur l'écriture de mon jeune homme, j'en ai un modèle sur moi.
DORSAT.
Je vous trouve bien impertinent d'oser vous mêler de donner des places chez moi. Je n'ai pas besoin de secrétaire. Ah I M. Sainville, certainement si je voulais d'autre appui que le vôtre, je n'en manquerais pas;
LAFLBUR.
Je supplie seulement monsieur de considérer récriture, il verra que c'est un cadeau que je lui fais. Quelle belle mainl
DORSAY, prenant le papier,
Dr61e que vous ètesl... {Il lu.) « Extrait de divers « ouvrages. La différence qui existe entre les gens
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« de quelque chose et les gens de rien disparaît « par échelons. Le laquais rend le devoir à moo- « sieur le valet de chambre, le valet de chambre « habille son maître souvent à la hàlè pour qu'il « aille faire sa cour à milord... » Qu'estrce que c'est que cela?
LAFLEUR
Hem! est-ce lisible? Voyez la suite.
DORSAT, lisant,
« Tourmenter les inférieurs, c'est le moyen pour « les subalternes de se dédommager de leur sou- « mission pour leurs supérieurs. » Comment donc? de la morale, je crois, de la philosophie ; et quelle écriture affreuse 1 Point d'orthographe. Allez, allez, monsieur de Lafleur, dites à votre protégé qu'avant de prétendre à une place il apprenne à écrire, à penser. {Il jette le papier au nez de Lafleur.) Voilà ({ui est arrêté. J'ai une autre personne en vue qui peut me servir; et si celle-là me manque, je me retire à la campagne, je me jette dans l'étude, et je ne vis que pour moi.
LAFLEUR
Mais, monsieur...
DORSAY
Ne vous avisez plus de me parler pour qui que ce soit, ou je vous chasse. (// sort,)