SCÈNE I
SŒUR EUPHËMIE, M. BELFORT, LA TOURIËRE.
{M, Belfort et Buphémie sont sur le devant de la scbief la touriêre est assise dans te fond»)
M. BELFORT
Enfin, ma chère Euphémie, on ne peut pas disputer des ffoûts ; tu aimes mieux un couvent qu'un mari; hé oienl t'y voilà. Mais^ à ta place, moi, j'attendrais encore pour prononcer mes derniers vœux. Nous savons d'où provient cet excès de fer-» veur; mon fripon de fils...
SOBUR EUPHBMIE.
Croyez, monsieur Belfort, crue je désire bien sincèrement le retour de votre nls pour vous, mais non pour moi; j'ai trouvé dans cette maison un asile que je ne veux jamais quitter; ma vocation
18 I*St TISITANDIMBS.
est parraîtement décidée^eU.. tous ne recevez toujours pas de nouvelles?...
M. BBLFORT.
De mon fils? non ; il court le pays, sans doute, sous la conduite de M. Frontin, son digne valet. J*ai peut-être été un peu trop sévère à son égard, j'en conviens ; mais le drôle m'en punit assez depuis deux ans qu'il me laisse dans 1 inquiétude; cependant je ne désespère pas encore de le revoir; que sait-on? il m'a peut-être écrit à Ne vers. Il ne sait pas qu'une prétendue vocation t'a fait entrer dans cette maison, et que moi, par amitié pour toi, j'ai laissé à Nevers mon état, mes malades, pour venir m'établir dans la ville voisine, où, grâce au ciel et à mon faible mérite, j'ai mis tous les habitants dans la fantaisie de ne pas se faire enterrer par d'autres que par moi. S il revenait?
SGBOR SOrHÉMIK.
Croyez encore une fois, mon cher tuteur, que son retour ne changerait rien à ma résolution ; de grâce, laissons cela.
M. BBLFORT.
Allons, n'en parlons plus. {Â la Tturiêre,) Vous dites donc, ma sœur, que madame l'abbesse n'est pas encore visible?
LA TOURIÉRE.
Non, monsieur le docteur : madame aurait désiré que vous vinssiez un peu plus tard ; il doit nous arriver, ce matin, une novice d'un couvent étranger à qui les médecins ont conseillé de prendre Pair dece pays.
M. BBLFORT.
Eh bien je reviendrai ; je verrai en même temps toutes mes autres malades. Je m'enfuis; car toute la ville m'attend. Bonjour, mon Euphémie; sans adieu, ma sœur«
{Le êoetêur $<mt^ la touHèrê le n€ond»it et rentre dm$ Ueotmemu)