‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 354 sur 426 · ACTE II, SCfiNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCfiNE VIII

DUPARG.

Le billard a donc bien de Tattraît pour vous, jeune homme?

PHILIBERT CADET

Beaucoup d'attrait, je ne m'en cache pas. AYez<^ vous vu comme j'ai lestement gagné cette première partie? Je pourrais céder des points à l'élève du café Turc. Laissons cela. Vous avez désiré me parler?

DUPARC

Oui, monsieur.

PHILIBERT CADET

Moi-même, j'ai de grands projets à vous confier.

DUPARC

Eh bien ! monsieur, causons.

PHILIBERT CADET

Causons.

DUPARC

C'est d'après le témoignage de plusieurs de vos amis que nous avons cherché à faire connaissance avec vous.

PHILIBERT CADET

De plusieurs de mes amis I

DUPARC

Oui.

PHILIBERT CADET

C'est possible. J'ai cru qu'il n'y en avait qu'un; tant mieux s'il y en a plus.

DUPARC

Tous m'ont vanté vos excellentes qualités.

Monsieur, ces amis-là sont bien bons, et je leur ai beaucoup d'obligation.

DUPARC

Mais pour que nous vous accordions tout à fait notre estime, il est bon que vous vous fassiez connaître par vous-même.

PHILIBERT CADET

C'est juste. Je vous dirai d'abord, monsieur, pour vous rendre votre politesse, qu'on m'a parlé de vous comme d'un homme plein de probité, fort habile^ et qui, ayant la confiance de plusieurs très riches particuliers, pouvait être très utile aux jeunes gens qui voulaient faire des affaires.

DUPARG.

Platt-il, monsieur?

PHILIBERT CADET

Oh ! c'est la vérité. Vous avez beau repousser réloge, je sais que vous le méritez. Quant à moi, vous avez connu mon père ; ainsi je n'ai rien à , vous apprendre sur ma famille. J'ai eu, comme; tant d'autres, une jeunesse un peu dissipée. Il est! temps de mettre un terme à mes fredaines et à ' mes caravanes. Quand on a de Fâme et des sentiments, on ne doit jamais perdre courage.

DUPARG.

Ëh! mais, voilà des aveux...

PHILIBERT CADET

Bien francs, n'est-il pas vrai? Je ne cherche cas à me faire meilleur que je ne suis. L'hypocrisie 1 ah Dieu I quel vice anreux !

DUPARG.

Ehl mais, monsieur, n'ètes-vous pas attaché au «ninistère des affaires étrangères?

PHILIBERT CADET

Je Tétais ; je ne le suis plus.

DUPARG.

Comment?

PHILIBERT CADET

On m'a fait des injustices, un passe-droit d'une iniquité révoltante : i'ai quitté, comme précédemment j'avais quitté bien d'autres places. Je peux m'en passer.

DUPARG.

Vous m'étonnez beaucoup : d'après ce que m'avaient dit les personnes que je me suis permis d'interroger sur vous. . .

PHILIEERT GADST.

Eh bien! que vous ont-elles dit ces personnes?

DUPARG.

Rien qui annonçât ces beaux projets d'affaires.

PHILIBERT CADET

Écoutez : j'ai cru n'en devoir faire confidence qu'à mon ami Salomon. Vous connaissez mon ami Salomon?

DUPARG.

Salomon! Ahl un joaillier, un juif.

PHILIRERT CADET.

Très riche, très considéré, ne prêtant que de

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