‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 373 sur 426 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

PHILIBERT CADET, seul^ les mains derrière le dos^ fredonnant un air entre ses dents.

Je me suis bien promené à la foire. Pour un petit endroit comme celui-ci, elle est très belle. J'en ai vu toutes les curiosités, et me voilà revenu à la grille de la maison de M. Duparc. C'est un

4)10 LES DEUX PHXLIBB&T.

affront qu'ils m*oiit fait là, pourtant ; il faut que je sois aussi bon enfant que je le suis, pour ne pas leur en demander raison. Ils sont à table, je crois. Eh bieni je ne regrette pas leur dîner; il aurait fallu peser mes paroles. Le bon ton !... le bon ton ne vaut pas la gaieté. {En riant.) Parlezmoi de la mauvaise société, c'est là qu'on s'amuse. Cette bonne grand'maman, qui me jetait pour ainsi dire sa petite-ÛUe à la tète... Tout est man-

3ué ; je ne m en pendrai pas. S'il est vrai cepenant que la jeune personne m'aime... Des parents, contrarier ainsi l'inclination de leur enfant! C'est bien mal. Quant à moi, d'abord, est-ce un si bon parti ? Il y a beaucoup de gens qui brillent, et qui n'en sont que moins riches. Et puis, suis-je né pour me claquemurer dans un ménage avec une lemme et un troupeau d'enfants? Et d'ailleurs ne serait-ce pas faire tort à mon frère? C'est lui qui doit.se marier; moi, je dois faire fortune pour laisser tout à lui et à sa famille. Oui, c'est un devoir ; par amitié, par reconnaissance pour mon frère ; il faut que je me range, aue je travaille. Plus de femmes, plus d'excès de table, plus de jeu.

(H se trouve prés du café, et il lit,) ici ON JOUE AU

NOBLE JEU DE BILLARD. Commo los progrès de la civilisation ont répandu partout les neaux-arls et la corruption I U n'y a pas un village en France, aujourd'hui, où l'on ne trouve trois ou quatre cafés et au moins un billard. C'est décidé; demain je commence mon plan de réforme; aujoui*d'hui je peux encore m'en donner.

Page 1