‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 389 sur 426 · DUPARC ET MADAME DERVIGNT · texte numérisé non relu

DUPARC ET MADAME DERVIGNT

Deux frères I

CLAIRVILLE

Ahlah!

PHILIBERT CADET

Eh oui, deux frères. Or, si Ton a vu parfois des frères qui se ressemblaient à s'y méprendre, soit au moral, soit au physique, soit en nien, soit en mal, que de différences entre tant d'autres, depuis Gain et Abel jusqu'au frèr^ de Piron, qui était un imbécile! {Enriant.) Moi, messieurs, j'ai une pauvre tête, peu de jugement ; j'aî été gâte par ma mère, que je dominais. Tout petit, je faisais cent tours à mon maître d'école : aussi, je ne sais rien que le billard, l'escrime, le trente et un ; et dès mon enfance, on m'appelait Philibert le mauvais sujet. (D'un ton grave,) Mais mon frère, envoyé par mon père dans un collège de Paris, a été élevé avec soin, tendresse et sévérité. Il a bon cœur, bonne tête et bon jugement. Il sait le grec, le latin, la philosophie, la musique, la danse et les mathématiques ; et, par opposition, on l'appelait et on l'appelle encore Philibert l'homme dé mérite. {En rjoiu.) Moi, messieurs, je suis un vaurien, un joueur ; je m'amuse, et je passe pour avoir un excellent ton en mauvaise société. J ai mangé mon patrimoine, la maison de commerce de ma mère, je mangerais le diable. (D*un ton grave,) Mais mon frère, l'homme de mérite, est sage dans ses mœurs, raisonnable dans sa conduite, modéré dans ses désirs. Il a

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