‹ Théatre choisi de L.-B. PicardChapitre 8 sur 426 · YIB DE PICARD. XIII · texte numérisé non relu

YIB DE PICARD. XIII

dit Geoffroy. A qui la faute? répliqua Picard dans sa préface. A moi? non, mais à ce que j*ai vu, tant pis pour vous si je Pal fait trop bien voir. Et dans cette même préface, il prouva, par des exemples, qu'il était, dans sa pièce, resté, en effet, plutôt en deçà qu*au delà de la vérité.

Sa pièce, entre nous , n^était réellement tombée que pour être trop vraie. Picard en tenait une autre toute prèle, celle des Voisins, qu*il fit jouer moins d*un mois après. Il y avait mis tant de hAte, que parmi les couplets dont elle était parsemée, il en avait laissé un, pris tout entier à Dufresny.

Son bail avec le théâtre de la Cité ne tint pas. Dès la fin de septembre il lui fallut chercher une autre salle. Celle du Marais, fondée rue Gulture-Sainte-Calherine, par Beaumarchais, se trouva seule disponible. U ûi mar< ché avec le propriétaire, mais pour un mois seulement.

Ce quartier lui semblait un exil, et il comptait sur quelque hasard qui le rapprocherait d'un centre plus vivant. Il avait prévu juste. Le théâtre Feydeau, où l'on ne jouait plus que l'opéra-comique, en vivait assez mal. Picard proposa d'y donner des représentations qui alterneraient avec la -troupe chantante; on s'entendit, et le ler novembre il y emmenait tout son monde, après un seul mois de campement au théâtre du Marais.

Gomme entrée de jeu, il donna Tune de ses pièces les plus amusantes, le Collatéral. Malheureusement quelques jours après, on tomba en plein coup d'État. Bonaparte venait de faire la Révolution du 18 brumaire, qui en consolidant et haussant sa fortune, ruinait celle de bien des gens et de bien des choses. Le théâtre Feydeau eut sa part du sinistre. Il ferma au mois de février suivant. Picard, encore une fois sans refuge, fit une tournée en I^ormandie avec sa troupe, joua à Biouen, eut du succès et n'en revint qu'après avoir fôté Corneille. Lorsqu'il fut de retour au mois d'août, Feydeau venait de rouvrir. Vite il y redemanda ses jours de représentation d'autrefois, les obtint et préluda, pendant la quinzaine qui suivit, par une nouvelle comédie en cinq actes en prose» les Trois Maris.

Elle réussit, mais non sans quelques attaques de la part surtout des critiques. Ils lui reprochèrent de faire trop mouvoir sa pièce, — où, par exemple, il n'avait pas eraint de mettre en scène une tireuse de cartes que chacun reconnut — dans un monde à peine avouable, dans

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