‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 113 sur 442 · ACTE I, SCENE VU · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VU

le prince. — Marinelli, trêve de plaisanterie, ou...

marinelli. — A la vérité, elles sont aussi plus mauvaises.

le prince. — Insolent!...

marinelli. — D'ailleurs le comte part pour ses terres, il faut aviser à quelque moyen.

le prince. — Et quel moyen, mon cher, mon fidèle Marinelli? Soyez mon conseil; que dois-je faire? que feriezvous a ma place?

marinelli. — Avant toute autre chose, je prendrais une bagatelle pour ce qu'elle vaut, et je me dirais que ce n'est pas en vain que la fortune m'a fait ce que je suis, prince souverain .

le prince. — Ah ! ne vantez pas tant une puissance dont je ne puis faire usage -dans cette affaire. C'est aujourd'hui, aujourd'hui même, dites-vous...

marinelli. — Aujourd'hui seulement... les choses faites sont seules irrévocables. (Après quelques moments de silence.) Voulez-vous me donner carte blanche, mon prince? Approuvez-vous tout ce que je pourrai faire?

le prince. — Tout, Marinelli, tout ce qui pourra détourner le coup qui me menace.

marinelli. — Eh bien, ne perdons pas de temps dans la ville, ne demeurez pas, partez pour votre maison de Dosalo; la route de Sabionetta passe sous les murs du parc. Si je ne parviens pas à éloigner le comte sur-le-champ, je veux... mais il donnera sans doute dans le panneau. Vous devez envoyer quelqu'un à Massa à l'occasion de votre mariage. Faites du comte votre ambassadeur, à condition qu'il parte à l'instant même. Comprenez-vous?

le prince. — Admirable! amenez-le-moi à Dosalo, allez et dépêchez-vous; je monte à l'instant en voiture.

(Marinelli sort.)

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