‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 144 sur 442 · SCÈNE YI BAPTISTE, MARINELLI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI BAPTISTE, MARINELLI

battiste entre avec précipitation. — Garde à vous, monsieur le chambellan, voici la mère.

marinelli. — Je l'avais bien prévu.... Où est-elle?...

baptiste. — Si vous n'allez au-devant d'elle, elle arrive ici à l'instant même... Quand vous m'avez ordonné de l'aller chercher, j'ai bien compris qu'il ne fallait pas la trouver; mais j'ai entendu de loin ses cris, elle est sur les traces de sa fille, et peut-être de loule noire affaire... Ses cris ont ameuté autour d'elle tous les paysans des environs; chacun s'offre à lui servir de guide... Peut-être lui a-t-on déjà dit que le prince est ici, que vous y êtes aussi. Que voulez-vous faire?

marinelli. — Il réfléchit. — Voyons un peu... Ne pas la laisser entrer, si elle sait que sa fille est ici?... impossible... Quels yeux elle va faire quand elle apercevra le loup dévorant auprès de sa chère brebis... Mais, Dieu me damne. nous n'en serons pas quittes pour des regards... Elle va crier et nous fendre la tète... Eh bien, quand elle aura crié, il faudra bien qu'elle se taise... \]n peu plus tût. un peu plus tard, il faut toujours bien finir par là... D'ailleurs

il nous importe de la gagner à nos intérêts; si je connais bien les femmes, il en est peu dont l'orgueil ne soit flatté d'avoir un prince pour gendre... ou à peu près... Faites-la venir... Baptiste, faites-la venir...

baptiste. — Ne l'entendeç-vous pas? La voici.

Claudia, derrière le théâtre. — Emilie! Emilie! mon enfant, où es-tu?

marinelli. — Va, Baptiste, et fais en sorte d'éloigner les curieux qui raccompagnent.

f SCÈNE YII CLAUDIA GALOTTI, BAPTISTE, MARINELLI.

Claudia. — Elle rencontre Baptiste au moment ou il va sortir. — Ha! c'est lui qui l'a enlevée, de mes bras, c'est lui qui a enlevé ma fille... Je te reconnais... Qu'as-tu fait de ma tille? Parle, malheureux.

Baptiste. — Me voilà bien payé de mes soins...

Claudia. — De tes soins!... Serait-il possible ? Ah! pardonnez-moi, brave homme, où est-elle? ne me faites pas languir davantage...

baptiste. — Oh! soyez tranquille, elle ne serait pas plus en sûreté sous la garde de son bon ange... Voici mon maître qui pourra conduire votre grâce auprès d'elle, lietirez-vous, vous autres.

(Il parle aux gens qui ont conduit Claialia et qui veulent rester avec elle.)

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