‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 156 sur 442 · ACTE IV, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VI

qu'on le reconduit a la ville, que ma femme et ma" tille se sont sauvées dans le château : où sont-elles, monsieur, où sont-elles?

marinelli. — Soyez tranquille, colonel, votre femme et votre tille en ont été quittes pour la peur; vous allez les trouver en bonne santé, le prince est auprès d'elles : je vais vous annoncer...

odoard. — Et pourquoi m' annoncer?

marinelli. — Pourquoi?... mais à cause du prince... Vous savez, monsieur le colonel, comment vous êtes à la cour? Ce n'est pas sur le pied d'une grande faveur... Le prince témoigne en ce moment beaucoup d'intérêt à votre femme et à voire fille... Mais ce sont des femmes, et peut-être votre arrivée imprévue serait désagréable à Son Altesse.

odoard. — Vous avez raison, monsieur, vous avez raison.

marinelli. — Auparavant, madame la comtesse, j'aurai l'honneur de vous remettre dans votre voiture.

la comtesse. — Non, monsieur, non pas.

marinelli. // la prend par la main. — Permettez-moi, madame, de m'acquitter de mon devoir.

la comtesse. — Doucement, monsieur; je vous tiens quitte de ce devoir... Vos pareils confondent volontiers le devoir et la politesse, pour ne pas respecter ensuite l'un plus que l'autre... Hâtez-vous d'introduire ce vieillard respectable : voilà votre devoir en ce moment!

marinelli. — Oubliez-vous ce que le prince vous a commandé?

la comtesse. — Qu'il vienne lui-même me répéter ses ordres, je l'attends.

marinelli, bas au colonel qu'il tire à part. — Pardon, colonel, si je vous laisse avec une femme dont... la tête... vous m'entendez... Je dois vous en prévenir, afin que vous sachiez d'avance ce qu'il faut penser de ses discours; ils sont quelquefois très-étranges... Croyez-moi, évitez la conversation.

odoard. — Très-bien; hàtez-vous, je vous conjure, monsieur.

200 EMILIE GALOTTl.

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