SCÈNE II ODOARD GALOTTI
Personne ici... tant mieux!... Prolitons-en pour nous calmer davantage... Rien de plus méprisable que ces emportements de jeune homme avec des cheveux blancs... Je me le répète sans cesse... Cependant je m'étais encore laissé entraîner... et par qui? par une insensée jalouse et furieuse. Qu'a de commun la vertu opprimée avec la vengeance du vice? Songeons seulement à sauver ma fille... Et mon fils, qui le vengera? Mon fils! jamais je n'avais su pleurer... Je ne veux pas l'apprendre aujourd'hui!... Mon fils, un autre se chargera du soin de ta vengeance... C'est assez pour moi que ton assassin ne recueille pas le fruit de son crime... que ce regret lui tienne lieu de remords... Fatigué de plaisirs, poursuivi par le dégoût, que le souvenir de cette espérance trompée empoisonne ses jouissances... que dans ses songes il voie le fiancé sanglant conduire auprès de son lit la fiancée, et quand il étendra les bras pour la saisir, qu'il entende les furies rire au fond de l'enfer, et qu'il s'éveille.