‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 170 sur 442 · SCÈNE VIII LE PRINCE, MARINELLI, les précédents · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII LE PRINCE, MARINELLI, les précédents

le prince, en entrant. — Quel bruit ai-je entendu? Emilie se trouve mal?

'odoard. — Elle est bien... très-bien!...

le prince. // s'approche. — Que vois-je?... ô spectacle d'horreur!

marinelli. — Malheur à moi!

le prince. — Père barbare, qu'avez- vous fait?...

odoard. — J'ai brisé une rose avant que l'orage l'eût flétrie... N'est-ce pas, ma fille?

Emilie. — Ce n'est pas vous, mon père... c'est moi, c'est moi-même...

odoard. — Non, ma fille, ce n'est pas toi... sors de ce monde pure de tout mensonge. Ce n'est pas toi, c'est ton père... ton malheureux père!

Emilie. — Ah! — Mon père!...

(Elle meurt. Il la pose doucement à terre.)

(idoard. — La voilà... prince!... Vous plaît-elle encore? Baignée de ce sang qui crie vengeance contre vous, excitet-elle encore vos désirs? {Après une pause.) Mais vous attendez la fin... vous pensez peut-être que je tournerai ce poignard contre moi pour finir comme au théâtre?...

vous vous trompez... Voici [il jette le poignard à. ses pieds), voici le témoin sanglant de mon crime... Je me rends en prison... Je vous y attends comme mon juge, et puis je vous attendrai devant notre juge à tous!

le prince. // regarde avec terreur et désespoir le corps d'Emilie : après un silence, à Marinelli, lui montrant le poignard. — Ramasse-le I... Eh bien, tu hésites... misérable? (// lui arrache le poignard.) Non, ton sang ne doit pas se mêler avec le sien... Va te cacher... va, dis-je! Grand Dieu I n'est-ce pas assez pour le malheur du monde que les princes soient des hommes?... faut-il encore que des démons se déguisent sous les traits de leurs amis?

FIN DU CINQUIEME ET DERNIER ACTE

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