SCÈNE II L'HOTE, JUST
l'hôte. —Bonjour, monsieur Just, bonjour. Eh quoi! lové de si bon matin? ou dirai-je : encore levé si lard ?
just. — Dis ce que tu voudras.
l'hôte. — Je ne dis rien que bonjour, et cela vaut bien que M. Just réponde : Grand merci!
just. — Eh bien, grand merci!
l'hôte. — On est de mauvaise humeur quand on n'a pu reposer. — Gage que monsieur le major n'est pas rentré, et qu'on l'a attendu ici?
just. — Qu'est-ce que cet homme ne devinerait pas!
l'hôte. — Je m'en doute, je m'en doute.
just, faisant un pas pour sortir. — Serviteur, l'ami !
l'hôte, le retenant. — Non pas, monsieur Just.
just. — Eh bien non, pas serviteur!
l'hôte. — Eh là, monsieur Just l j'espère que M. Just ne m'en .veut plus pour ce qui s'est passé hier : qui pourrait passer la nuit sur sa colère ?
just. — Moi; et même toutes les nuits qui suivront.
l'hôte. — Gela est-il d'un chrétien?
just. — Tout autant que de jeter un brave homme à la porte, parce qu'il ne peut payer sur-le-champ.
l'hôte. — Allons, qui serait si abandonné de Dieu?
just. — Un bon chrétien d'hôte. — Et c'est à mon maître, un si digne homme, un si brave officier...
l'hôte. — L'ai-je donc mis dehors? l'ai— je jeté à la porte? J'ai beaucoup de respect pour un officier, et de compassion pour un militaire réformé; j'ai été obligé de lui donner une autre chambre. Qu'il n'en soit plus question, monsieur Just. [Il appelle). Holà, je veux réparer cela d'une autre façon. (A un garçon qui entre). Apportez un petit verre; M. Just veut prendre un petit verre,... et que ce soit du bon.
just. — Pas tant de peine, monsieur l'hôte; cette liqueur tournerait en poison, car... Mais je ne veux pus jurer, je suis encore à jeun.