JUST, PAUL VERNER
just. — Eh! voilà Werner! Bonjour, Werner. Sois le bienvenu en vilK
werner. — Le maudit village! il me serait impossible de m'y faire de nouveau. Gai, gai, mon garçon, j'apporte de l'argent frais. Où est le major?
just. — Tu dois l'avoir rencontré; il descend l'escalier à l'instant même.
werner. — Je suis monté par l'escalier dérobé. — Comment se porte-t-il? — Vous m'auriez vu dès la semaine passée, mais...
just. — Hé bien! qu'est-ce qui t'a retenu?
werner. — Just, as-tu entendu parler du prince Héraclius?
just. — Héraclius? non pas que je sache.
werner. — Ne connais-tu pas l'illustre héros de l'Orient?
just. — Je connais très-bien les sages de l'Orient, qui, vers le jour de l'an, arrivent avec l'étoile...
werner. — Je crois, mon pauvre #garçon, que tu lis les gazettes aussi peu que la Bible. — Tu ne connais point le prince Héraclius? ce brave homme qui a pris la Perse, et qui, un de ces jours, forcera la Porte ottomane. Dieu merci, la guerre se fait encore quelque part dans le monde. J'ai
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assez longtemps espéré qu'elle éclaterait ici de nouveau ; mais reposez-vous et ayez soin de votre peau; moi je suis soldat, soldat je veux demeurer. Bref {regardant autour de lui aoec inquiétude si personne ne l'écoute), en confidence, Just, je pars pour la Perse afin d'y faire une couple de campagnes contre les Turcs sous Son Altesse royale le prince Héraclius.
just. — Toi?
werner. — Moi, tel que tu me vois. Nos aïeux se sont souvent battus contre les Turcs, et c'est ce que nous devrions faire encore si nous étions gens d'honneur et bons chrétiens. Je conçois parfaitement qu'une campagne contre les Turcs n'est pas moitié aussi gaie qu'une contre les Français, mais elle doit en être d'autant plus méritoire dans ce monde et dans l'autre. Les Turcs vous ont tous des sabres couverts de diamants.
just. — Quant à moi, je ne ferais pas un mille pour me faire fendre la tète par un sabre pareil. Tu ne seras cependant pas assez fou pour quitter ton joli fief, et...
werner. — Ohl pour celui-là, je l'ai sur moi. Vois-tu? le petit bien est vendu.
just. — Vendu!
werner. — Chut ! J'ai là cent ducats que j'ai reçus hier comme arrhes, je les apporte au major.
just. — Et que veux-tu qu'il en fasse?
werner. — Qu'il en fasse? Qu'il les mange, qu'il les joue, qu'il les boive, qu'il... qu'il en fasse ce qu'il voudra. Il faut bien qu'il ait de l'argent; il est assez malheureux qu'il obtienne le sien si difficilement. Mais je sais bien ce que je ferais, oui, si j'étais à sa place. Allez-vous-en tous au diable ici, ferais-je; et je m'en irais en Perse avec Paul Werner. Jour de Dieu! le prince Héraclius doit certainement avoir entendu parler du major Tellheim, quand même il ne connaîtrait pas Paul Werner, son ancien maréchal des logis. Nolne affaire de Katzenhaeusern...
just. — Veux-tu que je te la raconte?
wehner. — Toi, me la raconter? J'aime a voir une belle disposition dans ton esprit, mais je ne sème pas mes perles (levant les pourceaux. — Tiens, prends les cenl ducats, le