ACTE I, SCENE XII
donne-les au major, dis-lui qu'il faut qu'il me les garde. Je vais aller présentement au marché. J'y ai envoyé deux cents boisseaux de seigle; je lui remettrai également ce qui m'en reviendra.
jrsx. — Werner, tes intentions marquent un bon cœur; mais nous n'avons pas besoin de ton argent. Garde tes ducats; tes cent pistoles même te seront rendues dès que tu le voudras.
werner. — Oui? le major a donc encore de l'argent?
just. — Non.
werner. — Et de quoi vit-il donc ?
just. — Nous prenons ce qu'il nous faut à crédit, et quand on refuse d'ajouter à nos mémoires, qu'on nous met à la porte, alors nous engageons tout ce qui nous reste, et nous plions bagage. — Ecoute, Paul, j'ai envie de jouer un tour au maître de cette auberge.
werner. — A-t-il manqué au major? j'en suis.
just. — Si nous le guettions le soir quand il revient de la tabagie, et si nous lui donnions une belle volée de coups de bâton?
werner. — Le soir!... le guetter!... deux contre un!... Cela ne vaut rien.
just. — Ou si nous lui mettions le feu à sa maison?
werner. — Brûler, incendier! — Misérable! on voit que lu n'as jamais été qu'un crocheteur et non pas un soldat, — Fi!
just. — Ou si nous lui débauchions sa tille? mais elle est diablement laide.
werner. — Oh ! cela doit être fait depuis longtemps. Mais en tout cas aurais-tu aussi besoin d'aide pour cela? Du reste, qu'as-tu? qu'y a-t-il?
just. — Viens, viens ! tu vas apprendre du merveilleux.
werner. — Le diable est-il donc déchaîné ici?
jl'st. — Oui, mais viens.
werner. Tant mieux! En Perse donc! en Perse!
FIN DU PREMIER ACTE