ACTE I, SCENE III. 2a
data. — Finissez donc ! regardez-la.
nathan. — Lui qui, en mourant, n'a rien qui puisse le soulager que la conscience de cette bonne action !
daya. — Finissez; vous la tuez.
nathan. — Et tu l'as tué !... tu aurais pu le tuer ainsi. — Recha ! Recha! c'est un cordial salutaire, non du poison que je te présente. Il vit... reviens à toi. — Il n'est peut-être point malade; il n'est point malade.
recha. — Est-il vrai ?... ni mort?... ni malade ?
nathan. — Non, il n'est point mort. Les bonnes actions faites ici-bas, Dieu les récompense ici-bas même. Allons, comprends-tu à présent combien il est plus facile de s'exalter dévotement que de faire le bien ? comprends-tu pourquoi l'homme le plus indolent s'cxalle dévotement, et quelquefois sans avoir tout à fait conscience de son dessein, — seulement pour se dispenser de faire le bien ?
recha. — Hélas ! mon père, ne laissez donc jamais votre Recha seule. — N'est-ce pas qu'il peut bien n'être que parti?
nathan. — Oh ! oui, certainement. — Je vois là-bas un musulman examiner d'un regard curieux mes chameaux chargés. Le connaissez-vous?
daya. — Ah! ah! c'est votre derviche.
natuan. — Qui?
daya. — Votre derviche, qui fait votre partie d'échecs.
nathan. — Al-Hali ? lui, Al-Hafi?
daya. — Maintenant trésorier du sultan.
natuan. — Comment, Al-Hafi ? rêves-tu encore? — C'est lui ! vraiment, c'est lui; il vient à nous — Rentrez, vous autres, vite. — Que vais-je apprendre?