ACTE III, SCENE X
monsieur le major, à trois heures précises! — Mais vous vouliez aussi me parler en particulier; qu'avez-vous donc à me dire? {Regardant Werner.) Il est vrai que nous ne sommes pas seuls.
tellueim. — Si, Francisca, nous le sommes. Mais, comme votre maîtresse n'a pas lu ma lettre, je n'ai rien à vous dire.
francisca. — Nous serions seuls? Vous n'avez pas de secret pour M. le maréchal des logis?
tellheim. — Non, aucun.
francisca. — Il me semble pourtant que vous en devr avoir quelques-uns.
tellheim. — Pourquoi cela, mon enfant?
werner. — Pourquoi donc, petite?
francisca. — Surtout des secrets d'une certaine espèce. (Élevant ses mains et écartant ses doigts.) Tous les vingt1, monsieur le maréchal des logis.
werner. — Petite, petite, chut! chut!
tellheim. — Qu'est-ce que cela signifie?
francisca, faisant le geste de mettre un anneau au doigt. — Preste, le voilà au doigt, monsieur le maréchal des logis.
werner. — Petite, petite, vous n'entendez done pas que c'est une plaisanterie?
tellheim. — Werner, tu n'as pas oublié, j'espère, ce que je t'ai dit tant de fois : il est de certains points sur lesquels il ne faut jamais plaisanter avec les demoiselles.
werner. — Sur mon âme, je l'ai oublié. (A Francisca.) Je vous prie, ma belle...
francisca. — Si ce n'était qu'une plaisanterie, je vous pardonne pour cette fois.
tellheim. — S'il faut absolument que je vienne, Francisca, tâche donc auparavant que ta maîtresse lise ma lettre. Gela m'épargnera le supplice de penser et de dire encore une fois des choses que je voudrais tant oublier. Tiens, donne-la-lui. (En lui présentant la lettre il la re-