Allusion à un mot de Werner, se. v
280 MINNA DE BARNHELM.
tourne et s'aperçoit quelle est décachetée.) Mais, que vois-je! Francisca, la lettre est ouverte?
francisca. — Cela se peut. (File la regarde.) Oui, vraiment. Qui peut donc l'avoir décachetée? Mais nous ne l'avons pas lue, monsieur le major; en vérité, nous ne l'avons pas lue. Nous ne la lirons pas non plus. Que celui qui l'a écrite vienne lui-même. Oui, venez; mais savezvous une chose, monsieur le major, ne venez pas comme vous êtes, en bottes, et tout défrisé. Vous êtes excusable, puisque vous ne comptiez pas nous voir; mais venez en souliers, et faites-vous coiffer de nouveau. Comme vous êtes, vous avez l'air trop décidé, trop prussien.
telliieim. — Grand merci, Francisca.
francisca. — On dirait que vous avez passé la nuit dernière au bivouac.
telliieim. — Tu pourrais bien avoir deviné.
francisca. — Nous allons aussi nous parer et dîner. Nous vous retiendrions volontiers; mais votre présence pourrait nous empêcher de manger : or, voyez-vous, nous n'avons pas tellement d'amour, que cela nous empêche d'avoir faim.
telliieim. — Je viendrai, Francisca; cependant préparez-la un peu; que je ne devienne méprisable ni à ses yeux, ni aux miens. — Viens, Werner; tu dîneras avec moi.
WERNER. — A la table d'hôte, dans celle maison? Je n'y trouverais pas un morceau à mon goût.
telliieim. — Non, avec moi, dans ma chambre.
werner. — Alors, je vous suis. Seulement, permettezmoi de dire un mot à là petite.
telliieim. — Cela n'a rien qui me déplaise.
(Il sort.)