ACTE IV. SCENE III
riccaut. — Je suis des bons, mademoiselle. Savez-vous ce que cela veut dire? Je suis des gens adroits...
minna. — Mais cependant, monsieur...
riccaut. — Je sais monter un coup...
minna, étonnée. — Vous, monsieur?
riccaut. — Je file la carte avec une adresse. . .
minna. — Se peut-il?
riccaut. — Je fais sauter la coupe avec une dextérité...
minna. — Il ne se peut pas, monsieur...
riccaut. — Quoi pas, mademoiselle, quoi pas? Donnezmoi un pigeonneau à plumer, et. . .
minna. — Tricher, friponner?
riccaut. — Comment, mademoiselle, vous appelez cela friponner? Corriger la fortune, l'enchaîner sous ses doigts, être sûr de son fait ? Les Allemands appellent cela friponner, friponner! Oh ! l'allemand est une pauvre langue, une langue bien grossière.
minna. — Non, monsieur; si c'est ainsi que vous pejisez...
riccaut. — Laissez-moi faire, mademoiselle, et soyez tranquille. Que vous importe la manière dont je joue? Enfin, vous me verrez demain, mademoiselle, avec cent pistoles, ou vous ne me verrez pas du tout. Votre trèshumble, mademoiselle, votre très- humble.
(Il sort.)
minna, le regardant sortir avec étonnement et dépit. — Je préfère le dernier, monsieur, le dernier.