SCÈNE IX
TELLHEIM, MINNA, FRANCISCA.
francisca. à Minna. — Or. maintenant, mademoiselle, rendez le repos à ce pauvre major.
312 MINNA DE BARNHELM.
minna. — Oh ! l'importune! comme si le nœud ne devait pas bientôt se dénouer de lui-même.
tellheim, après avoir lu, et avec la plus vive émotion. — Ah! il ne s'est pas non plus démenti là dedans ! — Oh! mademoiselle, quelle réparation, quelle grâce ! c'est plus que je n'attendais, plus que je ne mérite; ma fortune, mon honneur, tout m'est rendu. — Je ne rêve pas. [Regardant de nouveau la lettre comme pour se convaincre davantage.) Non, ce n'est point une illusion; lisez, mademoiselle, lisez vous-même.
minna. — Je ne suis pas si indiscrète, monsieur le major.
tellheim. — Indiscrète! la lettre est pour moi, Minna, elle est pour votre Tellheim. Elle contient... ce que votre oncle ne peut vous ravir : il faut que vous la lisiez. — Lisez donc.
minna, prenant la lettre. — Si cela peut v his faire plaisir, monsieur le major....
(Elle lit.)
« Mon cher major de Tellheim,
« Je vous fais savoir que l'affaire qui m'inquiétait, par ( rapport à votre honneur, s'est éclaircie à voire avantage. i! Mon frère en savait les détails, et son témoignage a fait « voir que vous étiez plus qu'innocent. Le trésor de lacou- < ronne a ordre de vous remettre le titre en question, et de ■■< payer les Irais qui ont été avancés. J'ai ordonné aussi « que tout ce que la caisse militaire avait arrêté provisoi- « rement quant à vos comptes fût annulé : faites-moi sa- « voir si votre saule vous permet de reprendre du service : h je ne consentirai-, pas volontiers à être privé d'un homme « de courage et de principes comme vous. Je suis votre « bien affectionné souverain, etc. »
tellheim. — Eh bien, qu'en dites-vous, mademoiselle? minna, luirandantla lettre. — Moi! rien.
TELLHEIM. — Hieil?
minna. — Oh! si : que votre roi, qui est un grand homme, est encore un homme excellent. — Mais que me l'ait cela? Il n'est pas mon roi.