‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 262 sur 442 · I . Voir acte II, scènes vu et vm de notre traduction · texte numérisé non relu

I . Voir acte II, scènes vu et vm de notre traduction

vérail dans celle de ne l'accorder jamais. La première donnerait par là la preuve irrécusable de son repentir; L'autre paraîtrait comme un homme d'un caractère ferme, et la pièce ou serait plus morale, plus philosophique, plus instructive. » Maître Schink énumère tous les1 motifs qu'avait Eulalie de De point faillir : « Elle se jette dans les Itras d'un fat qui, de son propre aveu, ne mérite ni son estime ni son amour. Jamais, je le demande, une femme séduite futelle plus méprisable? » — Eli! non. sans doute! — Elle lui sacrifie son mari, ses enfants; sa chute avilissante subsiste malgré son repentir: point de circonstances atténuantes possibles. Donc... Meinau est dans son tort en ne gardant pas le caractère ferme d'un juge que rien ne saurait fléchir, dès que la sentence est prononcée justement. Ainsi conclut le journaliste de Hambourg, versant dans le pédantisme pour •inir. Comme si la vérité vraie, la vie vivante, et la logique tranchante du dilemme ou le stoïcisme absolu, si haut grimpé sur échasses, cadraient nécessairement ensemble! Othello tue stupidement1 Desdémone, qui n'est pas coupable, el se poignarde ensuite en s'injuriant : où est la raison congru en te? Et c'est très-beau, el c'est très-vrai ! Meinau retrouve sa femme repentante, mais repentante d'une faute commise dans les pires conditions: il ne peut ni rien oublier ni rien excuser... il pardonne! Et la raison? Demandez-la au cour humain : un tout petit mot et une toute petite chose qui ont toujours mené le monde!

1. Paroles d'Emilie au more de Venise : « 0 thon dull Moor ! » — 0 murderous ro.reomh\ >> [Shakspeare — Othello, acte V se. finale.)

2. Sous ce titre : Le nohlc .Vcnsonye, Kotzcbue a composé une petite pièce en un acte, oii l'on voit Meinau, retiré avec sa femme depuis trois ans dans un endroit où l'on ignore qui ils sont, recourir à un subterfuge des plus singuliers pour amener Eulalie à ^e pardonner pleinement à elle-même. En effet, plus sévère que lui, elle porte toujours en elle la conscience et la souffrance du mal accompli : c'est le seul point noir dans leur bonheur. Meinati s'arrange pour être accusé d'avoir séduit une jeune fille (ce qui doit rendre les parts égales entre lui et sa femme). Tout se découvre, et Eulalie, vivement émue de tant de générosité, lui dit qu'elle est aussi heureuse que posstbh ; mais le remords qui la poursuit est la juste punition de sa tante. Qu'il laisse donc passer cette tristesse où elle tic-uve un soulagement. — Voila qui est bien, et pour mieux arranger les choses, de Ilorst se décide à vivre avec eux et à se charger du bonheur des pauvres gens de la campagne. — Ce fut en guise de réplique à la publication d'une suite de Misanthropie et liepentir, où il n'était pour rien et où mourait Eulalie, que Kotzebue donna cette suite authentique.

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