‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 279 sur 442 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

les précédents, BITTERMANN.

bittermann. — Bonjour, bonjour, mon aimable, ma charmante madame Millier; je suis ravi de vous voir en bonne santé. Vous avez daigné me faire appeler. Ce sont apparemment des nouvelles de la capitale. Oh! je le sais, il s'y passe des choses extraordinaires. J'ai aussi des lettres...

eulalie, en souriant. — Eh! mais vraiment, mon cher, Bittermann, vous êtes en correspondance avec le monde entier.

bittermann. — J'ai du moins des correspondants sûrs dans toutes les capitales de l'Europe.

eulalie. — Je doute cependant que vous sachiez ce qui doit se passer aujourd'hui dans ce château.

bittermann. — Ici? rien d'important. Nous avons voulu semer de l'orge aujourd'hui, mais j'ai trouvé le temps

<. Scène ix (ancien texte). — Scènes m, IV et v Ju deuxième s te (Julie Mole.;

3(i4 MISANTHROPIE ET REPENTIR.

trop sec. Hier, j'ai reçu des lettres de la Transylvanie; on s'y plaint également de la sécheresse. C'est un fléau qui frappe l'Europe entière. Cependant, vous pourriez aujourd'hui vous procurer un petit amusement : nous avons une tonte de moutons...

riERRE. — Et les œufs de la grosse poule doivent éclore aujourd'hui.

BiTTERMANN. — Paix, nigaud I

pierre. — Voilà ce que c'est! Je n'ose pas ouvrir la bouche.

(Il met son chapeau et fait mine de s'en aller.)

eulalie. — M. le comte arrive aujourd'hui.

bittermann. — Comment! Que dites-vous?

edlalïe. — Avec sa femme et son beau-frère, le major de Hors!.

bittermann. — Sans plaisanterie?

eulalie. — Vous savez, mon cher Bittermann, que je ne plaisante jamais.

bittermann. — Pierre! — Ah! bon Dieu, Son Excellence en propre personne! — Pierre! — Et madame la comtesse! et M. le major! — Et rien n'est encore disposé! Pierre! Pierre!

riERRE. — Eh bien! qu'est-ce qu'il y a?

bittermann. — Appelle vite nos gens; envoie quérir le garde-chasse, qu'il fournisse pour la cuisine de Son Excellence un chevreuil; que Lise balaye les appartements, qu'elle ôte la poussière des trumeaux, pour que madame la comtesse puisse se mirer à son aise; que le cuisinier tue une couple de chapons; que Jean aille prendre dans le vivier un brochet et que Frédéric donne un coup de peigne à ma perruque du dimanche!

(Pierre sort.)

eulalie. — Surtout, faites bien aérer les lits, battre les sofas; vous savez que M. le comte aime un peu ses aises.

bittermann. — Sans doute, sans Joute, ma charmante madame Millier, il faut que cela soit fait sur l'heure. — Oh ! Dieu ! Je viens de faire transporter, ce matin, les pommes il'- terre dans la chambre verte, et j'ai peur que nous ne puissions la débarrasser assez tôt.

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