‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 301 sur 442 · SCÈNE XÏP · texte numérisé non relu

SCÈNE XÏP

BITTERMANN, PIERRE.

bittermann, déconcerté. — Pierre !

pierre, de même. — Papa!

bittermann. — De quoi ai-je l'air ?

pierre. — De feu ma* tante, quand ses concombres étaient gelés.

bittermann. — Hélas ! je tremble encore de tous mes membres.

pierre. — C'est tout le pont qui a tremblé!

bittermann. — Pourquoi n'as-tu pas sauté dans l'eau?

pierre. — Pourquoi le papa n'y a-t-il pas sauté luimême ?

bittermann. — Et ma corpulence ! — J'aurais coulé au fond comme un lingot de plomb.

pierre. — Moi, je ne suis pas non plus un bouchon.

bittermann. — Ali ! Pierre, dans mes bras!

pierre. — Eh! pourquoi faire? Buvez plutôt un petit verre de kuinmel2 par-dessus voire frayeur.

bittermann. — Tu crois, Pierre? Oh ! oui, noble kummel ! boisson réparatrice !

(Il s'en va en trébuchant.)

1. Cette scène triviale, entre le père et le fils, est remplacée dans l'ancien texte par une scène dans laquelle Charlotte persil'ile Bittermann au sujet de son pont. On y peut relever cette réplique assez plaisante : .< Charlotte. Oui, mais il ne faut pourtant pas bâtir avec du bois pourri des ponts chinois sur des ruisseaux. — Bittermann, Le bois n'était pas tout à fait pourri... »

2. Sorte de liqueur alcooliquo faite avec un extrait de cumin.

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