SCÈNE XI ' les précédents, LE COMTE, BITTERMANN
LA comtesse, s'élançànt au devant du comte, les bras tendus. — Ah ! mon cher époux I
le comte. — A trois pas en arrière! Yoyez-donc, mes habits sont ruisselants.
la comtesse. — Grand Dieu I Vite, du linge sec !
ie comte. — Oui, oui ! calmez-vous, il n'y a pas de danger. Un vieux soldat comme moi s'est trouvé autrement trempé que cela!... Mais cela aurait pu mal finir, sans l'intervention du généreux étranger. — Qui est cet homme? qui le connaît? — Bittermann m'en a conté un tas de bavardages qui n'ont ni rime ni raison.
eulalie. — Personne ne sait rien sur son compte. Il y a quelques mois, il arriva dans cette contrée et loua la petite maisonnette de Bittermann, à l'extrémité du parc. Là, il vit retiré, sans voir ni entretenir personne. Moi-même, je ne l'ai aperçu quelquefois que de loin. Il erre timidement, la tète penchée, évitant tout le monde ; mais en secret, il fait beaucoup de bien.
le comte. — Charlotte, allez, priez-le de notre part à souper; qu'il accepte sans façon, il est dans la maison d'un ami.
la comtesse. — Vous oubliez de changer d'habits.
le comte. — Tout à l'heure.
la comtesse. — Et de prendre de la poudre calmante. [A Eulalie.) Vous en avez à la maison ?
eulalie, prenant ses clés. — A l'instant.
(Elle sort.)
le comte. — Au diable la poudre calmante! Un verre
4 . Cette petite scène de ménage et la suivante sont supprimées par Julie Mole, et remplacées par ces mots assez naturels : « La comtesse. Ali ! courons tous secourir mon époux et remercier ce généreux inconnu. » — Mêmes suppressions chez M. Pages.
de Malaga rafraîchit mieux le sang ! — Écoute, Bittermann, il faut avouer que tu as une voix claire et perçante; tu peux crier à te faire entendre jusqu'au fond de l'eau!
bittermann. — Pour vous servir, Excellence!
le comte. — Mais tu peux aller au diable avec ton pont chinois I
(Il sort, la comtesse et le major le suivent.)