Richard Coeur de Lion, roi d'Angleterre
naître : leur orgueil consiste à être chrétiens, et, non pas à <Hre hommes ; car, même ce qu'ils tiennent de leur fondateur, celte portion d'humanité mêlée à la superstition, ils l'aiment, non parce que c'est de l'humanité, mais parce que le Christ l'a enseignée, parce que le Christ l'a pratiquée. Quel bonheur pour eux qu'il ait été un si excellent homme ! quel bonheur qu'ils puissent, grâce à la foi et à la croyance, prendre quelque chose de sa vertu ! El quoi! sa vertu? Ce n'est pas sa vertu, c'est son nom qu'ils veulent répandre partout, qui doit anéantir et déshonorer les noms de tous les autres excellents hommes. C'est au nom, au nom seulement qu'ils ont affaire.
saladin. — Tu crois ? exigeraient-ils donc que Malek et toi portassiez le nom de chrétiens, avant d'aimer des époux chrétiens ?
sittah. — Oui, sans doute! comme si c'était seulement des chrétiens, comme chrétiens, qu'on dût attendre cet ' amour que le Créateur inspira à l'homme et à la femme 1 saladin. — Les chrétiens croient à bien d'autres pauvretés; pourquoi ne croiraient-ils pas à celle-là? Et cependant, tu te trompes; c'est la faute des templiers et non des chrétiens, c'est leur faute, et non comme curéliens, mais comme templiers.. C'est à cause d'eux seuls que la chose manque; ils ne veulent pas absolument céder Acre, que la sœur de Richard devrait apporter en dot h notre frère Malek. Afin de préserver de tout péril leurs privilèges de chevaliers, ils contrefont les moines, les moines si lipides. Pour essayer s'ils ne pourraient pas à la hâte faire quelque bon coup, ils ont à peine attendu la lin de la trêve. — ■ C'est bon : allez, seigneurs, allez, cela me convient fort... si tout allait d'ailleurs comme cela devrait aller.
sittah. — Comment I qu'est-ce qui pourrait te troubler d'ailleurs? qui pourrait ébranler la fermeté ?
saladin. — Ce qui, dès le commencement, a toujours ('•branlé ma fermeté. — Je suis allé voir mon père sur le Liban; il succombe à ses nouveaux soucis. sittah. — Ah! quel malheur!
saiadin. — Il ne peut s'en tirer : de lous côtés ce n'est