‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 327 sur 442 · SCÈNE VI' les précédexts, LE COMTE, EULAL1E · texte numérisé non relu

SCÈNE VI' les précédexts, LE COMTE, EULAL1E

le comte. — Que diable I croyez-vous donc que je. sois un Xénocrate ? ou une statue de marbre comme le pauvre sultan Uzim Oschanty? Vous nie laissez là seul avec madame Millier comme si mon cœur était un caillou. Je vous le dis, madame mon épouse, si cela arrive encore une fois, j'ai ma déclaration in petto.

la comtesse. — Arrangée par votre secrétaire sans doute ?

le comte. — Je n'avais pas encore de secrétaire lorsque je vous écrivis les plus beaux billets doux.

la comtesse. — Vous ne voulez pas vous en servir pour la seconde fois ?

le comte. — Diable de femme ! Je ne puis me battre avec elle ! Mon frère, l'étranger va-t-il venir?

le major. — Je l'attends d'un moment à l'autre.

le comte. — Tant mieux. Une société de plus, on ne peut pas en avoir trop à la campagne.

le major. — Notre cercle ne va pas être agrandi par cet étranger. Il part déjà demain.

le comte. — Il ne fera pas cela. Eh bien, madame la comtesse, armez-vous de Ions vos charmes. Ce n'est pas difficile de se frotter à un mari, il a déjà eu le temps de se polir; mais un étranger misanthrope de cette force n'a que des arêtes. Essayez vos armes.

la comtesse. — Vraiment, la conquête en vaudrait la peine. Mais ce que madame Millier n'a pas pu faire pendant quatre mois, je n'y arriverai jamais.

eulalie. — Si, madame. Il ne m'a jamais donné l'occasion d'user de mes charmes. Pendant ces quatre mois nous avons eu une vie toute spirituelle, car nous ne nous sommes vus pas une fois.

le comte. — C'est un fou — et vous — une petite folle.

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