ACTE V, SCÈNE III
bittermann. — Elle est revenue à elle, d'après ce que j'ai pu voir par la serrure de la porte. Grand Dieu' quel éclat pour une telle personne ! La pauvre demoiselle Charlotte monte et descend l'escalier pour chercher des calmants et des poudres. Je suis tout étonné de voir madame la comtesse et M. le major occupés autour de cette personne comme si elle avait l'honneur d'appartenir à la noble famille de Votre Excellence.
le comte souriant. — Qui sait?
bittermann. — Par mon âme I Je crois que si un vieux et lidele serviteur qui a depuis vingt ans l'honneur de servir \otre Excellence, s'il avait le malheur de s'évanouir on ne ferait pas la moitié de fout ce train.
le comte. — Je le crois presque moi-même.
bittermann. — Eh I mon Dieu ! personne ne sait qui elle est, cette temme! J'ai écrit lettre sur lettre, j'ai reçu réponse sur réponse; pas un de mes correspondants n'a su m'en dire quelque chose.
le comte. - Sais-tu, Bittermann? Je vais te donner un bon conseil.
bittermann, avec avidité. — J'écoute.
le comte. — D'après la scène d'aujourd'hui, je conclus que madame Mûlleret l'étranger se connaissent. Donc si tu peux avoir des nouvelles par l'étranger .
bittermann, peiné. - Ah, monsieur^ comte! ne me suis-je pas donné toutes les peines possibles? Depuis quatre mois tous mes essais sont restés inutiles. Un brouillard épais ! une nuit égyptienne ! Et, sans vouloir me louer ce que moi je ne puis découvrir, cela restera pour toujours au fond de la mine la plus profonde.