LE MAJOR, LES PRÉCÉDENTS
le comte. — Voilà enfin quelqu'un qui va dîner avec moi.
le major. - Pardon, mon frère, je n'ai ni faim ni soif. le comte. — Tiens I Quelle mine pitoyable! Je puis
pardonner tout, mais non qu'on soit triste dans ma maison. Si j'étais roi, je rendrais mes sujets aussi heureux que possible, mais celui que je ne saurais pas rendre heureux quitterait mes États.
le major. — Vous rendriez les hommes heureux par égoïsme-?
le comte. — Hélas! non frère, nous sommes tous des égoïstes; l'un plus, l'autre moins. L'un laisse courir son égoïsme tout nu, l'autre le cache sous un manteau.
le major. — Je ne suis pas en humeur de discuter.
le comte. — Ce sera pour une autre fois. A propos, comment va madame Millier?
le major. — A propos ? Un drôle d'à-propos !
le comte. — Eh bien, sans à-propos,
le major.- — Elle est revenue à elle.
le comte. — Va-t-elle venir dîner ?
le major. — Non.
le comte. — Ma femme non plus?
le major. — J'en doute.
le comte. — Et vais-je apprendre...
le major. — Laissez-nous aujourd'hui.
le comte. — Alors, le diable vous emporte tous! Viens, Bittermann, tu vas me lire quelques-unes de tes lettres pendant le dîner.
bittermann. — ■ Avec le plus grand plaisir, Excellence.
(Ils sortent tous deux J.)
le major, regardant devant lui". L'énigme est résolue.
— Pauvre Horst ! — Elle est la femme de ton ami ! Mon beau fantôme de nuages, le voilà qui s'évapore en froid brouillard ! — Soit ! — Je vais montrer le contraire de ce que le comte déclamait si froidement tout à l'heure. Je ne puis être heureux., mais peut-être puis-je rendre heureux.
— Rendre heureuse Eulalie! oh ! alors, je serais à envier!
1. Tout ce qui précèle manque chez Julie Mole, et y est remplacé par pne seul re le comte et le major, où lo premier prie son boaufrère «le ramener l'Inconnu et fait allusion au lien mystérieux qui semble exister entre ce personnage et Mme Miiller.