‹ Théâtre choisi de Lessing et de KotzebueChapitre 333 sur 442 · I. Scène ni (Julie Molr · texte numérisé non relu

I. Scène ni (Julie Molr

eijlalie. — Il ne le fera pas, il ne le peut pas !

le major. — Mais il vous aime toujours.

eulalie. — Alors, il ne le doit pas. Il faut arracher de son cœur une faiblesse qui le déshonore.

le major. — Quelle femme rare ! Vous n'avez donc rien à lui faire dire?

eulalie. — Oh! si, monsieur. J'ai deux prières dont je désire ardemment l'accomplissement. Souvent, quand je désespérais, sous le fardeau de mon chagrin, de trouver une consolation, il m'a semblé que je serais plus tranquille si le sort accomplissait mon désir de voir encore une fois mon mari, de lui confesser ma faute, et puis de me séparer de lui pour toujours. — Voilà ma première prière : un entretien de quelques minutes, si ma présence ne le rebute pas. Mais qu'il n'aille pas s'imaginer que c'est un essai pour lui demander pardon ( qu'il soit convaincu que je ne veux pas reprendre mon honneur aux dépens du sien. — Ma seconde prière... des nouvelles de mes enfants !

le major. — Je cours.

la comtesse. — Dieu soit avec toit

eulalie. — Et ma prière!

(Le major sort.)

la comtesse. — Suivons-le, mon amie, faisons un tour sous les tilleuls jusqu'à ce qu'il revienne avec une promesse amicale.

eulalie. — S'il a pitié de moi, — s'il verse cette douce goutte dans la coupe de mes souffrances, ô mort, sois la bienvenue I Je ne mourrai pas dans le désespoir.

(Elles sortent.)

Page 1