SCÈNE III
SABINE seule , elle lit vite.
« Nouveau spectacle » — qu'est-ce que cela me fait?
— (i Les robes à queue se portent très-longues » — qui veut savoir cela? « — Des chapeaux de paille anglaise »
— qui lui lui a demandé cela? » — Comment? — C'est fini? — Pas un mot de lui ? — Il est vrai que je lui ai défendu d'écrire, ce n'est pas convenable. Mais il a promis que par la cousine — et ma cousine a promis aussi. — Pourquoi aucun des deux n'a-t-il tenu sa promesse? — Suis-je déjà oubliée? — Il voulait pourtant venir lui-même, avec des lettres de recommandation du ministre? Et maintenant il ne vient pas et il n'écrit pas non plus? Il sait bien que je dois épouser ce monsieur Sperling. Mon père me tourmente, ma grand' mère me tourmente, et maintenant je suis encore tourmentée par lui! (Elle froisse la lettre entre ses mains.) Tan1 pis pour loi, Sabine. On t'a prévenue d'avance contre ces jeunes gens de la Résidence. Ils deviennent amoureux trois fois dans la même journée, et le soirquand ils vont au théâtre, ils n'en savent déjà plus rien. — Mais Charles, Charles! Toi un homme comme eux tous? toi aussi, tu ne serais rien qu'un diseur de phrases? (Elle tire un-portrait de sa poche.) Ces nobles traits peuvent-ils mentir ? —
ce regard il m'a juré de venir lui-même dans quelques semaines et de gagner mon père à notre cause. Cinq semaines, est-ce donc si peu? Faut-il que ce soit moi qui lui fasse le calcul de ce qu'elles durent, trente-cinq jours, une éternité? Oh! Cliarles, arrive, ou je suis perdue pour toi.
(Elle regarde le portrait.)