SCENE X MADAME STAAK, SABINE
madame staar. — Allons, Sabine, va vile maintenant. Tu mettras la nappe damassée. Elle était destinée à orner la table demain, lé jour de tes fiançailles.
sabine. — Qui sait, grand'mère, ce qui se passera aujourd'hui ?
madame staar. — Tiens, tu changes de note? L'étranger, n'est-ce pas?
sabine. — Naturellement, l'étranger.
madame staar. — Nous l'invitons à la noce?
sabine. — Bien sûr.
madame staar. — Il aura la place d'honneur.
sabine. — Ill'aura à côté de moi.
madame staar. — Non, mon enfant, c'est la place du fiancé.
sabine. — Justement, grand'mère.
madame staar. — De l'autre côté est le père de la fiancée, je suis en (ace, et lui peut se mettre à côté de moi.
sabine. — Je lui donnerai une place qui le satisfera.
madame staar. — Peut-être qu'il pourra être utile a Ion futur mari.
sabine. — Je le pense.
madame staar. — Il y a longtemps q-u'on veut faire nommer Sperlihg Assesseur de lu Commission des betteraves. Ce serait un litre superbe.
sabine. — Un titre bien doux. — Donc, c'est la happe
damassée?
madame staar. — Oui, Sabine. Je l'ai encore filée comme fiancée. Ton grand-père élait souvent assis à côté de moi.
sabine. — Et le lil était souvent cassé?
madame staar. — Friponne ! naturellement.
sabine. — Je m'en vais la chercher, et je penserai à l'amour fidèle.
(Elle sort.)