ACTE II, SCÈNE III
tout à coup, et tout étourdie.) Ha! mon étourdissement ! Je tombe en syncope.
MADAME BRENDEL ET MADAME MORGENROTH s'approchent
pour V aider. — Qu'y a-t-il, ma cousine ?
madame staar. — Là, dans ma poche...
madame brendel. — Un flacon de senteurs...
madame staar. — Non, — non. — Un portrait! — Un portrait. . .
madame brendel, qui a, cherché pendant ce temps dans h poche. — Eh bien, en voilà un. Tiens, vraiment ! c'est l'éirauger.
madame staar. — Montrez-le-moi. — Aussi vrai que je suis une pauvre pécheresse, — c'est lui! Je suis morte!
MADAME BRENDEL. — Qui doilC ?
madame morgenrotu. — Je ne veux pas croire... madame staar. — Je ne peux pas respirer... madame brendel. — Ce n'est pas un galérien échappé? madame morgenrotu. — C'est possible. — On aura ajouté le portrait à la lettre de réquisition. madame staar. — C'est le roi ! c'est le roi! toutes les deux décrient. — Le roi!
madame staar. — Sa très-glorieuse Majesté! madame brendel. — Ma cousine, je me trouve mal.
(Elle tombe sur une autre chaise.)
madame morgenroth, de même. — Moi aussi, chère cousine.
(Toutes les trois gémissent.)
madame staar. — Non, je ne survivrai pas à cela. — Cet honneur, cette grâce! — Et les rideaux ne sont pas lavés.
madame brendel. — Est-ce que quelqu'un dans la ville le sait déjà?
madame staar. — Pas une àme !
madame brendel. — Oh! alors, il faut que je me dépêche! Venez, ma cousine!
madame morgenrotu. — Oui, oui! J'ai les pieds lourds comme du plomb — Mais le roi — et l'amour de la patrie — Venez ! venez!
(Toutes les deux sortent.)