SCÈNE III
MADAME STAAR, MADAME BRENDEL, MADAME MORGENROTH.
madame staar. — Eh bien! qu'en dites-vous, mes bien chères cousines ?
madame brendel. — Il m'a regardée à peine.
madame morgenrotu. — Moi, il ne m'a pas dit un seul mot.
madame staar. — Et moi, moi, il m'a appelée Madame. Voyez donc! Madame! Je suis, en tout bien tout honneur ', Madame la Sous-Receveuse des tailles, et non pas une Madame.
madame brendel. — Il aurait bien pu demander s'il y a longtemps que mon mari est mort, ou quelque chose comme cela ?
madame morgenrotu. — Si seulement il avait demandé des nouvelles de mes enfants?
madame staar. — Mon fils lui a expressément dit : Madame la Sous- Receveuse des (ailles, et malgré cela, dans son impertinence, il a fait de moi une Madame/
madame morgenrotu. — Le savoir-vivre, il faut qu'il rapprenne à Kraehwinkel.
MADAME BRENDEL. — C'est LUI bel llOlllllie.
madame staar. — Oui, niais pas un brin de roideur. N'a-t-il pas fait comme s'il était chez lui?
madame morgenrotu. — C'est vrai, ma cousine, il lui manquait parfaitement cet air de perplexité...
madame brendel. — Il porte du linge très-fin.
madame staar. — Mais pas de manchettes.
madame mohuenrotu. — Et ses cheveux, bien sûr, n'ont pas été poudrés depuis huit jours.
madame staar. — Cet homme nie semble si connu! ir nuis toujours l'avoir vu quelque part. {Elle se souvient