SCÈNE VII LA SERVANTE, les précédents
la servante. — Il y a deux hommes qui se disent députés par la compagnie des arquebusiers pour recevoir le roi.
le bourgmestre. — Sa Majesté veut-elle permettre?
olmers. — Au diable ! Qu'avez-vous donc ! je ne suis pas plus une Majesté que votre veilleur de nuit.
le bourgmestre. — Mais grand Dieu f pourquoi Votre Majesté veut-elle nier plus longtemps? Nous avons le portrait inappréciable de Votre Majesté.
olmers. — Mon portrait?
madame staar. — Le voici, grand roi.
(Elle lui donne le portrait.)
olmers. — Oui, c'est en effet mon portrait.
le bourgmestre. — Enfin I (A la servante.) La députation peut entrer; elle aura la grâce, l'honneur d'être accueillie.
olmers. — Non, pour l'amour du ciel! Vous me rendez ridicule. Je suis Charles Olmers, et là-dessus halte-là !
m. staar. — Laissez, mon frère, Sa Majesté veut rester incognito.
madame staar. — Mais Votre Grâce ne va pas non plus accepter la garde d'honneur?
olmkrs. — Si vous ne finissez bientôt, j'aurai en effet besoin d'une garde, car je deviens fou. (A Sabine, qui entre.) Ah ! mademoiselle, c'est à propos que vous arrivez. On veut faire de moi à toute force un roi. Dieu sait comment cette idée est venue. Vraiment, je ne suis pas roi ! et je ne désire régner que dans un seulcœuv. Mais si j'arrive à satisfaire ce désir, je n'envie aucun roi.
(Il sort.)