SCENE IV
l.e devant delà maison de Nathan, du côté des palmiers.
RECHA et NATHAN sortent de la maison. DAYA vient vers eux.
reciia. — Vous avez bien tardé, mon père. A peine pourra-t-on l'atteindre encore.
nathan. — Hé bien, hé bien, quand ce ne serait pas ici, ici sous ces palmiers, ce serait ailleurs... Calme-toi seulement... Vois, Daya ne vient-elle pas à nous?
recha. — Elle l'aura certainement perdu de vue.
nathan. — Peut-être que non.
recha. -— Sans cela, elle viendrait plus vite.
nathan. — Elle ne nous a pas encore aperçus.
recha. — Maintenant, elle nous voit.
nathan. — Et elle double le pas. Vois-tu? sois donc calme. Calme-toi.
recha. — Aimeriez-vous bien une fille qui serait calme en ce moment ? qui ne s'inquiéterait pas de savoir qui lui a sauvé la vie? la vie! qui lui est si chère parce que c'est à vous d'abord qu'elle la doit.
nathan. — Je ne te voudrais pas autre que tu n'es; et même, quand je saurais que toute autre chose germe en' ce moment dans ton âme.
recha. — Comment, mon père?
nathan. — Tu me le demandes? et si timidement... Quelque chose qui se passe en toi, ce ne peut être qu'innocence et nature. N'en prends nul souci. Cela ne m'en donne aucun, à moi. Promets-moi seulement que, si ton cœur s'explique plus clairement, un jour, tu ne me cacheras aucun de ses vœux.
recha. — La seule possibilité de vouloir vous cacher mon cœur me fait trembler.
nathan." — N'en parlons plus. Que ceci soit dit une fois pour toutes... Voici Daya... Hé bien?