ACTE III, SCENE II
a fait des boulettes de pain, qu'il a jetées à la petite cousine ?
madame staar. — Le vilain homme! ce don du Ciel !
madame brendel. — Il a versé du vin rouge sur la nappe.
madame morgenroth. — Que dites-vous là ? Il a laissé tomber une étincelle en mouchant la bougie !
madame staar. — Le brigand! ma nappe damassée!
madame brendel. — Le dîner ne semblait pas être à son goût.
madame morgenroth. — Il a laissé passer plus d'un plat sans en rien prendre. Est-ce convenable?
madame staar. — Cependant, je lui ai dit assez combien chaque plat était soigne et avec quels ingrédients il était préparé.
madame brendel. — Jo pense que tous, tant que nous sommes, nous n'avons pas manqué de l'inviter à manger.
madame morgenroth. — Il a été assez impertinent pour nous prier de cesser ces invitations.
madame staar. — On voit qu'il n'a pas fréquenté beaucoup la bonne société.
madame brendel. — Il n'a même pas loué le gâteau, et cependant il était excellent.
madame morgenroth. — Excessivement tendre.
madame brendel. — Il fondait dans la bouche.
madame morgenroth. — Bien sûr, vous l'avez fait vousmême?
madame staar. — Pour vous servir.
madame brendel. — On s'en aperçoit immédiatement.
madame staar. — Vous êtes trop bonne.
madame morgenroth. — La pâle est comme de la crème.
madame staar. — Vous me faites rougir.
madame brendel. — Est-ce qu'on peut demander combien d'œufs la cousine y met?
madame staar. — J'aurai l'honneur de vous faire part de la recette. On prend d'abord...