SCÈNE III
M. STAAR, LES PRÉCÉDENTS.
m. staaii. — Allez vous promener avec votre noble hôte! Il peut venir chercher d'abord dans mon cabinet de lecture le Manuel de la civilité et l'étudier avec attention.
madame brendel. — Oui, monsieur le Yice-Marguillier, son éducation a été bien négligée.
m. staar. — D'abord, avant le dîner, il n'a pas bien dit sa prière1.
madame staar. — Il s'est moqué ensuite des pauvres entants qui ont bien récité leur : « Viens, Seigneur Jésus, sois notre hôte 2. »
m. staar. — Lorsque, d'après une ancienne coutume plaisante, j'ai porté la santé : « A ce que nous aimons! » tout de suite il s'écrie : « A ce qui nous aime! » et donne un baiser au voisin.
madame brendel, jouant avec son éventail, en faisant la prude. — .l'avais le malheur d'être assise à sa gauche.
madame staar. — La jolie demoiselle Morgenrolli, qui était à sa droite, est devenue toute rouge.
m. staar. — Sabine lui a jeté un regard furieux.
madame staar. — A la fin, il a voulu chanter une chanson païenne : « Joie, belle étincelle céleste*. » Non, nous ne saurions souffrir pareille inconduite.
m. staar. — Comme lui-même n'a pas de titre, il ne donne à personne l'honneur auquel on a droit.
madame staak. — Quand mon fils, le Bourgmestre cl Doyen, a raconté les plus célèbres procès, il était là assis taisant des sismessur son assiette avec sa fourchette.