ACTE III, SCENE IX
MADAME BREXDELCt MADAME M0RGENR0TU. — TidlS, CJUOi
donc, mon cousin? Qu'y a-t-il?
le bourgmestre. — Quelque chose de tout battant neuf"1.
madame brendel. — Ce n'est pas à cause de la nouvelle Sous-receveuse des" tailles qui veut avoir le pas sur notre vieille et vénérable cousine à la sainte cène?
madame staar. — Qu'elle l'ose seulement...
le bourgmestre. — Non; ce n'est pas cela.
madame morgenrotii. — Oit à cause de Christian, le garçon du barbier2, qui a appelé votre Gottlieb une têle de paille3?
le bourgmestre. — Non plus. Cette affaire est maintenant devant nos juges; elle ne peut être vidée avant deux ans d'ici.
madame staar. — Alors, mon fils, explique-toi.
le bourgmestre. — Asseyons-nous d'abord, pour procéder dans l'ordre convenable. Madame ma mère, comme ayant la présidence de la famille, au milieu; les deux fils de chaque côté. Mesdames -mes cousines sur l'aile droite et sur l'aile gauche. C'est cela.
madame brendel, en s" asseyant. — Je meurs d'envie...
madame MORGENROTii, de même. — Je crève de curiosité.
le bourgmestre. — Vous savez tous qu'à présent ma tille aînée et légitime, Sabine, est devenue grande tille.
madame staar. — Naturellement, puisqu'elle doit se marier.
madame brendel. — Elle est peut-être encore un peu jeune.
madame morgenroth. — Si elle n'était ma chère cousine, je dirais qu'elle est encore un peu étourdie.
m. staar. — C'est cela. Les livres de ma biblitohèque ne lui sont pas assez bons.
i. Nagelneu, neuf comme un clou.
2. Feldscheer peut ici être pris ou pour un nom propre, ou comme nous l'avons traduit, dans le sens de rhirurgien-barbier. La forme usuelle du mot est Feldscherer. Le mot barbier, le barbier, est également chez nous, comme tant d'autres, un nom propre aussi bien qu'un nom commun.