ACTE IV, SCENE XI. oio
m. staad. — Monsieur mon frère va être cassé.
le bourgmestre. — Et monsieur mon frère ira en prison.
m. staar. — Hélas ! hélas!
LE BOURGMESTRE. — Trois fois llélas !
m. staar. — Il faut sonner le tocsin ! courir après elle! le boormestre. — Mais il fait nuit noire. m. staar. — Monsieur mon frère n'a qu'à ordonner qu'on allume les lanternes tout de suite.
le bourmestre. — Mais il y a clair de lune dans le calendrier.
m. staar. — C'est égal. Le bien de l'État en dépend ! Je donne l'huile. Maître Klaus arrivez. Ici, devant ma maison, vous commencerez.
klaus. — Volontiers: si seulement je pouvais revoir mes jambons! [Au moment d'allumer la lanterne, il voit Sabine et Olmers et s écrie.) Ah! la voleuse! la voilà en personne !
tous. — Quoi! comment!
klaus. — Et le diable à côté d'elle.
le bourgmestre. — Arrive! arrive! créature impie! klaus, prenant Sabine par le bras. — Où sont mes saucissons?
sabine, à genoux. — Mon père!
le bourgmestre et m. staar. — Quoi, Sabine? sperling. — Ma fiancée?
klaus. — C'est un coup du diable!
olmers, s approchant . — M. le Bourgmestre... le bourgmestre et staar. — Et notre hôte? sperling. — Nel'ai-je pas dit?
le bourgmestre. — Comment te trouves-tu ici? Que faites-vous ici?
sabine. — Demain, mon père, vous saurez tout. Le hasard nous a surpris. J'aime Olmers. Je déteste Sperling. sperling. — Cruelle!
sabine. — Olmers a de la fortune, il a un titre, c'est un ami du ministre...
olmers. — Et il se croirait heureux d'arranger à la Cour l'événement fâcheux dont il a été témoin tout à l'heure.
o 1 G LA PETITE VILLE ALLEMANDE.
Car, il n'y a pas à dire, cetlc affaire est très-désagréable et dangereuse.
le bourgmestre, avec anxiété. — Vous croyez, en effet?
m. staar, de. même. — A quoi faudrait-il s'attendre?
olmers. — Vous, monsieur le Bourgmestre, vous serez cassé !
le bourgmestre, effrayé. — Vraiment?
olmers. — Et vous, M. le Vice-marguillier, vous irez en prison.
m. staar. — Sans grâce?
olmers. — Mais je prendrais tout sur moi, et je réponds de donner bonne tournure aux choses.
LE BOURGMESTRE. — Si VOUS pOUVICZ Cela...
m. staar. — Et puis, mon frère, il faut songer que votre fdle va être exposée aux commentaires de tous. Au milieu de la nuit, avec un jeune homme, en pleine rue; — personne ne voudra d'elle maintenant.
sperling. — Moi, au moins, je ne la prends plus.
le bourgmestre. — Il se pourrait que moi je voulusse bien, à cause de ces considérations délicates; — mais la grand' mère...
sabine. — Il a un titre.
le bourgmestre. — En a-t-il un vraiment ?
madame staar, à. la fenêtre. — Est-ce que les mauvais esprits sont déchaînés cette nuit?
le bourgmestre. — Tant mieux ! Descendez un peu, ma mère. Nous allons fêter des fiançailles.
madame staar. — Ku pleine rue? sous le ciel? dans la nuit et le brouillard? Cela m'irait fort, vraiment!
(Elle referme la fenêtre.)
le bourgmestre, à Olmers. — Mais je vous dis, monsieur, que l'affaire de la voleuse doit être finie avant qu'il y ail à songer à aucune espèce de mariage.
olmers. — Je réponds de tout.