NATHAN, LE TEMPLIER
le templier'. — Vous ne le connaissez donc pas.'... Je veux dire personnellement.
NATnAN. — Saladin? non pas encore. Je n'ai ni évité ni taché de le connaître; la commune renommée publiait tant de bien de lui que j'ai mieux aimé croire que voir. Cependant c'est autre chose; il a, en épargnant votre vie...
le templier. — Oui, cela est de toute vérité; la vie dont je vis est un don de lui.
Nathan. — Par là il m'a accordé deux fois, trois fois la vie; cela a tout changé entre nous, cela m'a attaché à son service par un lien éternel. C'est à peine si mon empressement peut attendre les ordres qu'il pourra me donner; je suis prêt à tout, je suis prêt à lui avouer que c'est pour l'amour de vous.
le templier. — Moi-même je n'ai pu le remercier, bien que souvent je me sois trouvé sur son passage. L'impression que j'ai faite sur lui fut rapide et s'évanouit tout aussi rapidement. Qui sait si même il se souvient de moi? et cependant il faudra bien qu'une fois au moins il se souvienne de moi encore, pour décider tout à fait de mon sort. Ce n'est pas assez que j'existe par son ordre, que je vive par sa volonté, il faut encore que je sache de lui d'après quelle volonté j'aurai à vivre.
nathan. — Raison de plus pour que je ne veuille point tarder. Il peut se dire telle parole qui me donne occasion de parler de vous... Permettez, excusez, j'y cours. Quand nous verrons-nous chez nous?
le templier. — Aussitôt que j'oserai.
natuan. — Aussitôt que vous voudrez.
le templier. — Dès aujourd'hui.