ACTE II, SCENE VII
nathan. — Et votre nom, dois-je le demander?
le templier. — Mon nom était... estCurd de Stauffen... Curd.
nathan. — De Stauffen?... Stauffen?... Stauffen?
le templier. — Pourquoi cela vous frappe-t-il?
nathan. — De Stauffen?... Il y en a déjà eu plusieurs de cette famille...
le templier. — Oh ( oui , il y en a déjà plusieurs enterrés ici ; mon oncle même... mon père, veux-je dire. Mais pourquoi votre regard se lixe-t-il sur moi de plus en plus attentivement?
nathan. — Oh! rien, rien; puis-je me lasser de vous voir?
le templier. — C'est pourquoi je me retire : l'œil de l'observateur trouve assez souvent plus qu'il ne désirait trouver : c'est ce que je crains, Nathan. Que ce soit le temps et non pas la curiosité qui forme notre connaissance.
(Il s'en va.)
nathan, le suivant des yeux avec surprise. — « L'observateur trouve assez souvent plus qu'il ne désirait trouver. » C'est pourtant tout comme s'il avait lu dans mon âme... Vraiment oui, cela pourrait bien m' arriver aussi. Non-seulement c'est la taille de Wolf, la démarche de Wolff, c'est aussi sa voix; c'est comme cela que Wolff penchait sa tête; c'est de cette façon que Wolf soutenait son épée sur son bras; Wolf passait de même sa main sur son front, comme pour cacher le feu de ses regards. Combien une image profondément gravée en nous peut y sommeiller longtemps, jusqu'à ce qu'un mot, un son vienne la réveiller!... De Stauffen... très-bien! oui, oui, très-bien, Filneck et Stauffen. J'en saurai bientôt davantage, bientôt; allons d'abord chez Saladin. Mais comment! Daya n'estelle pas à me guetter? Allons, approche, Daya.
Îi8 NATHAN LE SAGE.