‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 127 sur 744 · LA CRITIQUE DE L'ÉCOLE DES FEMMES · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE DE L'ÉCOLE DES FEMMES

vaut son ridicule ou sa passion ; il n'est pas moins dans le vrai quand il dissipe les obscurités mystérieuses accumulées sur les règles par les savants, pour montrer (lu'elles ne sont autre chose que des observations du bon sens. Mais il paraît plus difficile d'admettre que Dorante traduit exactement la pensée de Molière quand il prétend que la grande régie de toutes les régies est de plaire au pul^lic*. ^'on, l'auteur du Misanthrope n'a pu sincèrement accorder cette autorité souveraine aux décisions des spectateurs, qui ne jugent des pièces que par le plaisir qu'ils prennent à leur représentation. N'est-ce pas, en effet, faire du poète le courtisan de la foule, l'esclave de la mode, soumettre son art et son génie à la sensibilité mobile d'un auditoire ? Et lorsque ce même public, qui a fait le succès de l'École des femmes, compromettra par sa froideur celui du Misanthrope, Molière devra-t-il reconnaître qu'il s'est trompé, que sa pièce est mauvaise et que le public a raison? Il faut donc, dans les théories de Dorante, faire la part des circonstances qui en ont provoqué l'exposé sur le théâtre et des entraînements de la polémique.

Page 1