SCÈNE VI
cLiMÈNE. — Rendez-vous, ou ne vous rendez pas, je sais fort Ijjen que vous ne me persuaderez point de souffrir les iniinodesties de cette pièce, non plus que les satires désobligeantes qu'on y voit contre les femmes.
URANiE. — Pour moi, je me garderai bien de m'en offenser et de prendre rien sur mon compte de tout ce qui s'y dit. Ces sortes de satires tombent directement sur les mœurs, et ne frappent les personnes que par réflexion'. N'allons point nous appliquer nous-mêmes les traits d'une censure générale; et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu'on parle à nous*. Toutes Jes lieintures ridicules qu'on expose sur les théâtres doivent être regardées sans chagrin' de tout le monde. Ce sont miroirs publics, où il ne faut jamais témoigner qu'on se voie; et c'est se taxer hautement d'un défaut, que se scandaliser qu'on le reprenne.
cLDiKNE. — Pour moi, je ne parle pas de ces choses par la part que j'y puisse avoir, et je pense que je vis d'un air* dans le monde à ne pas ci'aindre d'être cherchée dans les
1. Par réflexion, terme de physique, qui ne s'emploie ordinaiiement qu'en parlant de la lumière, et qui est piis ici au figuré, dans le sens où nous dirions aujourd'hui par ricochet.
2. A noiis. Cette construction de /)(7r/fer avec les pronoms personnels. parler à moi, A lui, au lieu de tne parler, lui parler, est très fréquente «u xvu" siècle. Corneille en offre de nombreux exemples.