‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 134 sur 744 · M LA CRITIQUE DE L'ECOLE DES FEMMES · texte numérisé non relu

M LA CRITIQUE DE L'ECOLE DES FEMMES

p(^iiiUiros qu'on lait là des femmes qui se gouvernent mal'.

ÉLISE. — Assurément, Madame, on ne vous y cherchera point. Votre conduite est assez connue, et ce sont de ces sortes de choses qui ne sont contestées de personne.

uRANiE. — Aussi, Madame, n'ai-je rien dit qui aille à vous; et mes paroles, comme les satires de la comédie, demeurent dans la thèse générale.

cLiMÈNE. — Je n'en doute pas, Madame. Mais enfin passons sur ce chapitre. Je ne sais pas de quelle façon vous recevez les injures qu'on dit à notre sexe dans un certain endroit de la pièce; et pour moi, je vous avoue que je suis dans une colère épouvantable, de voir que cet auteur impertinent nous appelle des animaux^.

un.vsiE. — Ne voyez-vous pas que c'est un ridicule' qu'il fait parler?

DOUANTE. — Et puis, Madame, ne savez-vous pas que les injures des amants n'offensent jamais? qu'il est des amours emportés aussi bien que des doucereux? et qu'en de pareilles occasions les paroles les plus étranges, et quelque chose de pis encore*, se prennent bien souvent pour des marques d'aflection par celles mêmes qui les revoivenl?

ÉLISE. — Dites tout ce que vous voudrez, je ne saurais digérer cela, non plus que potage^ et la Unie à la crème, dont Madame a parlé tantôt.

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