‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 184 sur 744 · OF.GO.N · texte numérisé non relu

OF.GO.N

Mon frère, vous seriez charmé de le connaître. Et vos ravissements 5 ne prendraient point de tin. '!"-'est un homme... qui... ha!... un honmie... un homme (Jui suit bien ses leçons, goùle une paix profonde, lCuIui*

1. Charmr, dont la signification première s'est perdue, est ici synonyme de pouvoir magique, surnaturel, obtenu par des incantations (du latin curmen).

2. Telle est l'orthographe de tontes les éditions du xvii" siècle.

ô. Ravissements, terme de dévotion, qu'Orgon a probablement emprunté à'TaTtitffe.

i. Ces derniers mots ne sont pas un hommage rendu à la virililé du

Et comme du fumier* regarde tout le monde.

Oui, je deviens tout autre avec son cnti'olien;

il m'enseigne à n'avoir affection pour rien,

De toutes amitiés il délaclie mon àmc;

Et je verrais mourir l'rèrc, enfants, mère et femme,

tjuc je m'en suiuierais autant que de; cela"-.

ci.iî vMi;.

Les senlinients humains, mon IVére, que voilà !

OllGdN.

[!a ! si vous aviez vu connue j'en fis rencontre. Vous auriez pris pour lui l'amitié que je montre. Chaque jour à l'église il venait, d'un air doux. Tout vis-à-vis de moi se mettre à deux genoux. Il attirail les yeux de l'assemblée entière Par l'ardeur dont au Ciel il poussait sa prière; 11 faisait des soupirs, de grands élancements^. Et baisait humblement la terre à tous moments; Et lorsque je sortais, il me devançait vile. Pour m'aller à la porte offrir de l'eau bénite. Instruit par son garçon, qui dans tout l'imitait. Et de son indigence, et de ce qu'il était. Je lui faisais des dons; mais avec modestie* Il me voulait toujours en rendre une partie. « C'est trop, me disait-il, c'est trop de la moitié; Je ne mérite pas de vous faire pitié » ;

caractère de Tartufl'e. L'enUioiisiasmo d'Orgon est tel qu'il n'aboutit tout d'ibord qu'à un bégaiement impuissant.

1. Orgon répète encore un « mot » do Tartutre, qui se plait sans doute à citer ce passage connu de Yhnilulion di- Jàsus-Christ : « Omnia terrcna arbitratiir iit siercora ». (Liv. 111, cliap. iii.i

2. Ci'la : en prononç-» ♦ ce dernier mot Oigon fait claquer l'ongle du pouce contre ses dents.

3. Élancements Aésxgne an langage mystique les élan» de l'âme vers Dieu, auquel elle cherche à s'unir par l'extase.

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