SCÈNE ÏV. ii
Mais qui dans un moment peut devenir tout autre. Je crains fort de vous voir comme un géaut grandir, Et tout votre visage atTreusement iaidir'. Pour Dieu! ne prenez point de vilaine figure; J'ai prou- de ma frayeur en cette conjoncture.
PANDOLFE
En une autre saison', cette naïveté* Dont vous ajccompagnez votre crédulité, Anselme, me serait un charmant badinage, Et j'en prolongerais le plaisir davantage : Mais, avec cette mort, un trésor supposé, Dont parmi les chemins on m'a désabusé. Fomente dans mon âme un soupçon légitime. Mascarille est un fourbe, et fourbe fourbissime, Sur qui ne peuvent rien la crainle et le remords, Et qui pour ses desseins a d'étranges ressorts.
ANSEI.ME.
M'aurait-on joué pièce ^ et fait supercherie? Ah! vraiment, ma raison, vous seriez fort jolie! Touchons un peu pour voir : en cfTet, c'est bien lui. Malepeste« du sot que je suis aujourd'hui! De grâce, n'allez pas divulguer un tel coiite; On en ferait jouer quelque farce' à ma honte :
1. Lriiflir a ici le sens actif de : enlaidir. Anselme siipi)lie Pandolfe de ne pas prendre une figure encore plus effrayante.
2. Prou : j'ai bien assez de ma frayeur. 5. Saison, moment, circonstance.
i. Naïveté, façon naturelle dont Anselme joue son rôle d'après Pandolfe.