‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 221 sur 744 · ACTE m, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE III

Ri je vois aiilir pari les nicrvoilloux allrnits (if la IV'lit^ilé (iiii l'ail luiis mes smiliails.

(,"(>sl (|iit' Vdiis n'aiiiuv, lien îles tliosos do la Icne.

1 Aiiii 1 1 1:, i\i(iii sein m'ciiIi'iiiic \>:i> (iii ((riii' (|iii sdil de piiTrc.

i: 1,11 un:.

Polir iiHM, je cruis (|ii';iii Ciel li ihIciiI Ious vos soupirs, Kl (pic ncii ici lias ii'aiiclc vos dcsirs.

TAiin II I',.

i,'aiiioiii' (|iii iioii^ .illiiclii" aux licaiilcs t'Icnidlçs iN'cUmllc pas en nous raimmi' des Iciiiporcllcs ;

' iNos sens raoileiiicnl ptnivciil cire ciiarmcs

I Dos ouvi'ai;os jiaii'ails ipic le C.iol a l'oniics.

Ses alliails réllécliis ' hrillenl dans vos pareilles ; Mais il élal(> c;i vous ses plus rares iiiciveiiles ;

I II a sur voire l'ace épaïu'lié des l)eauli''s

^ itoiil les yi'iiN sont surpris, el les cieiiis liausporlos,

I l'A j(> n'ai pli vous voir, paiTaile ciéaliiie, Sans admirer eu vous i'auleiir de la ualure, i;i d'iiiK* ardeiile amour seiilirmoii cieiir alleiiil, \u plus licau des porirails où lui-iiicuic il s'esl |eilit. h'ahord j'appréliciidai (|uc celle ardeur secrclc 'c lui du noir espril -' une sur|ii'ise adroile"'; '..1 même à l'iiir vos yeux mou cœur se résolu!, Vous croyant, un obstacle à l'aire mon salut.

ri oi'lli'! coiislniilion rn|iiil<- csl ;'i iTjjrrMrr, cet emploi do (luoi ilail loi I, coiTccl. « Ce mol, (lit VMii;;i'i,'is, a un iisîijic l'oil (''lL'i;)iiil et fuit lomnioiio pour siippli'cr au pronom Iciiiicl, eu tout genre cl en to<il nombre, car lequel, liKiui'l/e, Icsiiiicls, soiil des mois assez; rudes. »

L 1. Ihi rellel (le si's ail rails.

B 2. Du (li'mon.

B 5. .[(hvilc se prononçail (idniHr : vovi'"- p. 11('>. noie Ij.

270 TARTITFE.

Mais enfin je coiuius, ô beauté toute aimahle,

Que cette passion peut n'être point coupable.

Que je puis l'ajuster avecque la pudeur.

Et c'est ce qui m'y l'ait abandoiuier nioli cœur.

Ce m'est, je le confesse, une audace bien grande

Qiio d'oser de ce cœur vous adresser l'ollrande ;

Mais j'attends en mes vœux tout de votre bonté,

Et rien des vains etTorts de mon infirmité ;

En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude,

De vous dépend ma peine ou ma béatitude,

El je vais être enfin, par votre seul arrêt,

Heureux, si vous voulez, malbeureux, s'il vous plait*.

ELMinE.

La déclaration est tout à l'ait galante,

Mais elle est, à vrai dire, un peu bien surprenante.

Vous deviez, ce me semble, armer mieux votre sein,

Et raisonner un peu sur un pareil dessein.

Un dévol comme vous, et que partout ou nomme....

TAUTIFIE.

Ali ! pour èlre dévot, je n'en suis pas moins homme =*; El lorsqu'on vient à voir vos célestes appas,

i. « Beanti's temporelles, offrandes, infirmité^ c[vùi'tuJe, béatitude. » On voit que dans cette déclaration Molière fait parler à Tartuffe amoureux le langage de la dévotion : il en a été sévèrement repris par La Bruyère, qui, traçant dans son chapitre De la 7node le portrait du parfait hypocrite, écrit : « 11 est encore plus éloigné d'employer pour flatter et pour séduù'e le jargon de la dévotion ». Quoi (lu'en dise i,a Bruyère, rien n"est plus vraisemblable et plus naturel que de voir Tartuffe, victime de sa propre hypocrisie, finir par parler machinalement un langage qui n'était d'abord destiné qu'à en imposer aux naïfs comme Orgon.Ajoutons.au sujet des eiégani^es suranni'cs tju'on a pu relever dans la déclaration do Tartuffe, que, d'après Sainte-Beuve, « le propre des dévots est de retarder sur la galanterie du siècle ».

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