ACTE Ifl, SCÈNE VI
Il ne \a pas à moins qu'à vous déshonorer ;
Et je l'ai surpiis là qui faisait à Madame
L'injurieux aveu d'une coupable llaninie.
Elle est d'une humeur douce, oL son cœur troj) discret
Voulait à toute force en garder le secret ;
Mais je ne puis flatter une telle inqnidence.
Et crois que vous la taire est vous faire une offense.
EUlUiE.
Oui, je tiens que jamais de tous ces vains propos On ne doit d'un mari traverser* le repos. Que ce n'est point de là que l'honneur peut dépendre Et qu'il suffit pour nous de savoir nous défendre : Ce sont mes sentiments ; et vous n'amùez rien dit, Daniis, si j'avais ou sur vous quelque crédit.
SŒ\E VI ORGO.N, DAMtS, TARTUFFE.
ORGO.N.
Ce que je viens d'entendre, ô Ciel ! est-il croyable?
TAKTCri-E.
Oui, irion frère, je suis un nujchant, un coupable,
L'n malheureux pécheur, tout plein d'iniipiité,
Le plus grand scélérat qui jamais ait été;
Chaque instautde ma vje est chargé de souilluies ;
Elle n'est qu'un amas de crimes et d'ordures ;
Et je vois que le Ciel, ])our ma punition,
Me veut mortifier en cette occasion.
De quelque grand fori'ait qu'on me puisse reprendre,
Je n'ai garde d'avoir l'orgueil de m'en défendre;.
Croyez ce qu'on vous dit, armez votre courroux,
1. Trriverser, troubler, faire obstacle à. Cet emploi du verljo Imi'prser était fréquent au xvu" siècle. On le construisait même a\ec un nom (le personne.
Et comme un crimiiiol cliasscz-moi de chez vous Je ne saurais avoir tant de houle en partage, Que je n'en aie encor mérité davantage'.
0RG0:«, à son fils. Ah! traître, oses-tu bien par cette fausseté Vouloir de sa vertu ternir la pureté?