‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 229 sur 744 · SCÈNE YII · texte numérisé non relu

SCÈNE YII

ORGON, TARTITFE.

ORGON"

OlTenser de la sorte une sainte personne !

1. Au temps d'Auger (1S21), il parait qu'à la représentation l'acteur

I iîé du rôle de Tartuffe restait immobile, et Orgon traversait le

tlu ùtre pour venir lui dire : tie me retenez, vus. Ce jeu de scène pouvait

TAUTUFFK.

0 Ciel, pardonne-lui la douleur (ju'il nie donne'!

(A Orgon.)

Si VOUS pouviez savoir avec quel déplaisir

Je vois qu'envers mou frère on tàclie à me noircir....

ORGO.N.

Ilélas!

Le seul penser de cette ingratitude Fait souffrir à mon âme un supplice si rude.... L'horreur que j'en conçois,... J'ai le cœur si serré, Que je ne puis parler, et crois que j'en mourrai.

ORGOX.

(Il court tout on larmes à la porte par où il a chassp son fils.)

Coquin ! je me repens que ma main t'ait fait grâce, Et ne t'ait pas d'abord assommé sur la place. Remettez-vous, mon frère, et ne vous fâchez pas.

Rompons, rompons le cours de ces fâcheux débals. Je regarde céans quels grands troubles j'apporte. Et crois qu'il est besoin, mon frère, que j'en sorte.

ORGON

Comment? vous moquez-vous?

On m'y hait, et je voi Qu'on cherche à vous donner des soupçons de ma foi.

être plaisant, mais il n'iHait pas co«t'orme au caractère de TartulTe, et celui-ci, fidèle jusqu'au bout à son rôle d'hypocrite, doit essayer de désarmer Orgon.

1. D'après une tradition, conservée par l'acteu!- Baron, llolitre avait d'abord fait dire à Tartufi'e :

0 ciel, pardonne-lui, comme je lui pardonne!

iZe vers, qui rapjielait un passage de l'Oraison dominicale, pouvait

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