ACTE III, SCÈNE VIL
ORGO.N.
Qu'importe? Voyez-vous que mon cœur les écoute?
On ne manquera pas de poursuivre, sans doute ; Et ces mêmes rapports qu'ici vous rejetez Peut-être une autre fois seront-ils écoutés.
ORGON
Non, mon frère, jamais.
Ah ! mon frère, une femme Aisément d'un mari peut bien surprendre l'àrae.
ORGON
Non, non.
Laissez-moi vite, en m'éloignant d'ici, Leur ôter tout sujet de m'attaquer ainsi.
ORGON
XoTv, vous demeurerez : il y va de ma vie
Hé bien ! il faudra donc que je me mortifie. Pourtant, si vous vouliez....
ORGON
Ah!
Soit: n'en parlons plus.
Mais je sais comme il faut en user là-dessus. L'honneur est délicat, et l'amitié m'engage A prévenir les bruits et les sujets d'ombrage. Je fuirai votre épouse, et vous ne me verrez....
éveiller les susceptibilités des dévots : Molière le modifia. Mais il faut reconnaître que la première rédaction convenait bien mieux à Tartulîe.
Non, en dépit de tous vous la fréquenterez.
Faire enrat;pr le monde est ma plus grande joie.
Et je veux qu'à toute heure avec elle ou vous voie.
Ce n'est pas tout encor: pour les mieux braver tous.
Je ne veux point avoir d'autre héritier que vous.
Et je vais de ce pas, en fort boiine manière.
Vous faire de mon bien donation entière.
Un bon et franc ami, que pour gendre je prends.
M'est bien plus cher que fils, que femme, et que parents.
N'accepterez-vous pas ce que je vous propose?
TAUTL'FFt:.
La volonté du Ciel soit faite en toute chose.
OUGON.
Le pauvre homme* ! Allons vite en dresser un écrit. Et que puisse l'envie en crever de dépit !
1. Le rappel de ce mol comique vient heureusement égayer la (m (1( cette scène qui tourne au drame le plus sombre : car rien n'est plus triste que de voir Orgon sacrilifir si légèrement à la cupidité d'un imposteur le bonheur de tous les siens.